La Haute Cour du Kenya a condamné Safaricom PLC pour avoir failli à son obligation de protéger les données personnelles de ses abonnés à la suite d’une fuite massive survenue entre 2018 et 2019. Saisie par onze clients, la justice a estimé que des données sensibles, notamment des informations financières, des habitudes de paris en ligne et des données de localisation, avaient été extraites et diffusées sans autorisation via les systèmes de l’opérateur.
Rejetant l’argument de Safaricom selon lequel il s’agissait uniquement d’actes isolés de salariés malveillants, la Cour a jugé que l’entreprise portait une responsabilité constitutionnelle en raison de failles systémiques dans la sécurisation de ses bases de données. Elle a conclu à une violation des droits à la vie privée, à la dignité et à la protection des consommateurs, et a accordé à chacun des onze requérants une indemnisation d’environ 6 000 euros, dans une décision qui pourrait faire jurisprudence en matière de protection des données au Kenya.
